
Média business pour mieux entreprendre

Média business pour mieux entreprendre

Le statut dâentreprise individuelle a surtout changĂ© sur un point dĂ©cisif : depuis la rĂ©forme entrĂ©e en vigueur le 15 mai 2022, les patrimoines professionnel et personnel sont sĂ©parĂ©s automatiquement. En 2026, lâentrepreneur peut donc exercer en son nom sans crĂ©er de sociĂ©tĂ© tout en bĂ©nĂ©ficiant dâune protection plus lisible de ses biens privĂ©s. Le cadre reste simple, mais il ne rĂšgle pas tout : les dettes fiscales et sociales, les garanties personnelles ou certaines erreurs de gestion peuvent encore exposer lâentrepreneur.
Le choix Ă faire ne porte pas seulement sur une forme juridique. Il concerne aussi le rĂ©gime fiscal, le rĂ©gime social, le niveau de dĂ©penses professionnelles et les projets de dĂ©veloppement. Une activitĂ© de conseil avec peu de frais nâa pas les mĂȘmes besoins quâun atelier artisanal qui achĂšte du matĂ©riel et loue un local. Pour comprendre ce qui a vraiment changĂ© et savoir si cette formule convient, il faut distinguer lâentreprise individuelle, le rĂ©gime micro et lâEI au rĂ©el.
Ă retenir en un coup dâĆil
Lâentreprise individuelle (EI) est une maniĂšre dâexercer une activitĂ© Ă©conomique en son nom propre. Lâentrepreneur individuel et son entreprise ne forment pas deux personnes juridiques distinctes, contrairement Ă une sociĂ©tĂ© comme lâEURL ou la SASU. Cette simplicitĂ© Ă©vite de rĂ©diger des statuts, de constituer un capital social ou dâorganiser des assemblĂ©es. Elle convient aux personnes qui souhaitent lancer une activitĂ© seules et garder une gestion directe.
La rĂ©forme du 15 mai 2022 a cependant modifiĂ© la protection patrimoniale. Avant cette date, lâentrepreneur devait souvent entreprendre des dĂ©marches spĂ©cifiques pour protĂ©ger certains biens. Depuis, la loi sĂ©pare automatiquement le patrimoine professionnel du patrimoine personnel. Les biens utiles Ă lâactivitĂ© rĂ©pondent en principe des dettes professionnelles, tandis que les biens privĂ©s sont protĂ©gĂ©s dans les conditions prĂ©vues par la loi.
La micro-entreprise nâest pas une forme juridique indĂ©pendante. Câest un rĂ©gime fiscal et social simplifiĂ© auquel un entrepreneur individuel peut accĂ©der si son activitĂ© respecte les conditions et plafonds applicables. Ainsi, la personne que lâon appelle couramment « auto-entrepreneur » exerce juridiquement en entreprise individuelle, avec le rĂ©gime micro. Lâexpression reste trĂšs rĂ©pandue, mais la distinction compte au moment de remplir des formalitĂ©s ou de comparer les coĂ»ts.
En 2026, les seuils de chiffre dâaffaires du rĂ©gime micro doivent ĂȘtre vĂ©rifiĂ©s selon lâactivitĂ© et la pĂ©riode concernĂ©es. Les rĂ©fĂ©rences fournies pour les seuils ne concordent pas toutes ; mieux vaut donc contrĂŽler les montants en vigueur auprĂšs de lâadministration avant de prendre une dĂ©cision. Le dĂ©passement nâentraĂźne pas nĂ©cessairement un changement immĂ©diat dans tous les cas : les rĂšgles dĂ©pendent notamment de la durĂ©e du dĂ©passement et de la nature de lâactivitĂ©.
Pour clarifier les options disponibles, le guide consacrĂ© aux diffĂ©rences entre micro-entreprise, EI et EURL peut aider Ă comparer les cadres sans confondre rĂ©gime et statut. Le point central est simple : la rĂ©forme a modernisĂ© lâEI, mais elle nâa pas transformĂ© lâactivitĂ© individuelle en sociĂ©tĂ©.

La principale avancĂ©e du nouveau statut concerne la protection de lâentrepreneur. En principe, les crĂ©anciers dont la crĂ©ance est nĂ©e Ă lâoccasion de lâactivitĂ© professionnelle peuvent poursuivre les biens relevant du patrimoine professionnel. Les biens privĂ©s, comme les objets du foyer ou une Ă©pargne personnelle, ne sont pas automatiquement confondus avec les outils de travail et les actifs affectĂ©s Ă lâactivitĂ©.
Imaginons Nadia, qui lance une activitĂ© de photographie. Son appareil, son matĂ©riel informatique et les sommes dĂ©tenues pour lâexploitation peuvent relever de son patrimoine professionnel. Son mobilier familial ou ses Ă©conomies privĂ©es nâont pas vocation Ă garantir une facture impayĂ©e dâun fournisseur professionnel, sous rĂ©serve des rĂšgles applicables et des exceptions. Cette sĂ©paration existe par dĂ©faut : elle ne nĂ©cessite pas de crĂ©er une sociĂ©tĂ© ni de dĂ©poser une dĂ©claration particuliĂšre pour chaque bien personnel.
La protection nâest pas un bouclier universel. Elle ne neutralise pas les dettes contractĂ©es Ă titre personnel, et lâentrepreneur peut choisir de fournir une garantie personnelle Ă une banque ou Ă un bailleur. Dans ce cas, il accepte que des biens privĂ©s puissent ĂȘtre engagĂ©s selon les termes de la garantie. Avant de signer un cautionnement, il faut donc lire les clauses et mesurer le risque, au lieu de considĂ©rer la sĂ©paration comme une protection totale.
Les rÚgles comportent aussi des exceptions liées notamment aux manquements graves, aux fraudes et à certaines dettes fiscales ou sociales. Les administrations compétentes peuvent, dans les conditions prévues par les textes, disposer de voies de recouvrement particuliÚres. Une activité bien tenue reste donc essentielle : déclarations dans les délais, factures conservées, compte dédié lorsque nécessaire et suivi régulier des échéances.
La sĂ©paration peut Ă©galement rendre utile une organisation claire des actifs. Nadia gagne Ă garder les achats professionnels documentĂ©s et Ă distinguer les dĂ©penses de son foyer de celles de son activitĂ©. Ce rĂ©flexe ne remplace pas une analyse juridique, mais il facilite la gestion et aide Ă Ă©tablir quels biens sont liĂ©s Ă lâexploitation. La protection est rĂ©elle, Ă condition de ne pas la confondre avec une immunitĂ© contre les crĂ©anciers.
Par dĂ©faut, le rĂ©sultat de lâentreprise individuelle est imposĂ© Ă lâimpĂŽt sur le revenu (IR), selon la catĂ©gorie correspondant Ă lâactivitĂ©. Le choix du rĂ©gime fiscal dĂ©termine la maniĂšre de calculer ce rĂ©sultat et les obligations comptables associĂ©es. Pour un entrepreneur qui dĂ©bute, cette dĂ©cision peut modifier sensiblement le montant imposable, surtout lorsque les dĂ©penses professionnelles reprĂ©sentent une part importante du chiffre dâaffaires.
En micro, lâadministration applique un abattement forfaitaire au chiffre dâaffaires pour tenir compte des frais. Les dĂ©penses rĂ©elles ne sont pas dĂ©duites une par une : lâabattement dĂ©pend de la catĂ©gorie dâactivitĂ©. Le dispositif est pratique pour une consultante qui travaille Ă domicile, utilise peu de matĂ©riel et nâa pas de local coĂ»teux. Elle dĂ©clare son chiffre dâaffaires et nâa pas Ă produire une comptabilitĂ© complĂšte comme au rĂ©gime rĂ©el.
La simplicitĂ© a toutefois un revers. Si les charges effectives dĂ©passent lâabattement applicable, le rĂ©gime peut devenir moins avantageux. Prenons un consultant qui rĂ©alise 50 000 euros de chiffre dâaffaires avec 8 000 euros de frais. Il doit comparer le rĂ©sultat calculĂ© selon lâabattement correspondant Ă son activitĂ© avec celui quâil obtiendrait en dĂ©duisant ses dĂ©penses au rĂ©el. Le calcul varie selon la catĂ©gorie fiscale ; un exemple chiffrĂ© ne doit donc pas ĂȘtre repris sans vĂ©rifier cette catĂ©gorie.
Au rĂ©gime rĂ©el, lâentrepreneur dĂ©duit les dĂ©penses professionnelles justifiĂ©es : loyer, achats, matĂ©riel, assurances ou frais de dĂ©placement selon les rĂšgles applicables. Un artisan qui encaisse 60 000 euros et supporte 35 000 euros de dĂ©penses peut ainsi ĂȘtre imposĂ© sur un rĂ©sultat proche de 25 000 euros, avant les autres ajustements fiscaux. En contrepartie, il doit conserver ses justificatifs et suivre une comptabilitĂ© plus complĂšte.
Une option pour lâimpĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s (IS) peut Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©e sous le cadre prĂ©vu pour lâEI, notamment par assimilation Ă une EURL. Elle peut intĂ©resser une activitĂ© bĂ©nĂ©ficiaire dont lâexploitant ne souhaite pas retirer immĂ©diatement tout le rĂ©sultat. Mais lâIS modifie lâimposition des bĂ©nĂ©fices et la façon dont les sommes versĂ©es Ă lâentrepreneur sont traitĂ©es. La comparaison entre impĂŽt sur le revenu et impĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s doit tenir compte des revenus personnels, des besoins de trĂ©sorerie et des frais de gestion.
Le bon rĂ©gime nâest pas celui qui paraĂźt le plus lĂ©ger : câest celui qui correspond aux charges et Ă la façon dont lâentrepreneur utilise ses bĂ©nĂ©fices.
Lâentrepreneur individuel relĂšve du rĂ©gime des travailleurs non-salariĂ©s (TNS). Il est affiliĂ© Ă la protection sociale des indĂ©pendants, avec une gestion assurĂ©e notamment par les organismes compĂ©tents selon son activitĂ©. La couverture comprend des droits liĂ©s Ă la maladie, Ă la maternitĂ©, aux allocations familiales et Ă la retraite. Les modalitĂ©s et les montants dĂ©pendent du rĂ©gime choisi, du revenu professionnel et de la situation personnelle.
En micro, les cotisations sont calculĂ©es en appliquant un taux au chiffre dâaffaires dĂ©clarĂ©. Les taux varient selon lâactivitĂ© : vente de marchandises, prestations de services ou profession libĂ©rale. Au rĂ©el, les cotisations sont gĂ©nĂ©ralement Ă©tablies Ă partir du revenu professionnel, avec des appels provisionnels puis des rĂ©gularisations lorsque le revenu dĂ©finitif est connu. Il faut donc anticiper les Ă©chĂ©ances et Ă©viter de considĂ©rer tout lâargent encaissĂ© comme une somme disponible.
Paul, artisan menuisier, facture 70 000 euros sur une annĂ©e, mais dĂ©pense une part importante de cette somme en matĂ©riaux, transport et location dâun atelier. Le chiffre dâaffaires donne une idĂ©e de son volume dâactivitĂ©, pas de ce quâil peut utiliser pour son foyer. En micro, la cotisation calculĂ©e sur les encaissements peut peser diffĂ©remment quâau rĂ©el, oĂč le bĂ©nĂ©fice sert de base selon les rĂšgles applicables. Une simulation avant lâimmatriculation permet dâĂ©viter les mauvaises surprises.
Les taux citĂ©s dans certains guides peuvent Ă©voluer ou diffĂ©rer selon lâaffiliation et la date de rĂ©fĂ©rence. En 2026, il est prudent de consulter les barĂšmes officiels plutĂŽt que dâappliquer mĂ©caniquement un pourcentage lu dans un ancien article. Les droits Ă la retraite dĂ©pendent Ă©galement des revenus dĂ©clarĂ©s et des cotisations effectivement versĂ©es ; une annĂ©e de faible activitĂ© peut donc avoir des effets Ă long terme.
Le rĂ©gime TNS ne donne pas accĂšs Ă lâassurance chĂŽmage classique des salariĂ©s. Des assurances privĂ©es peuvent proposer une protection, mais les conditions, exclusions et dĂ©lais de carence varient. Il faut intĂ©grer ce risque au budget, au mĂȘme titre que la prĂ©voyance et la responsabilitĂ© civile professionnelle. Une gestion saine consiste Ă rĂ©server une partie des recettes aux cotisations, aux impĂŽts et aux pĂ©riodes dâactivitĂ© plus faibles.
LâEI convient particuliĂšrement Ă une personne qui souhaite tester ou dĂ©velopper une activitĂ© seule sans construire immĂ©diatement une sociĂ©tĂ©. Consultants, artisans, commerçants, agriculteurs et de nombreuses professions libĂ©rales peuvent exercer sous ce cadre, sous rĂ©serve des rĂšgles propres Ă leur mĂ©tier. Il nây a ni associĂ© Ă intĂ©grer ni capital minimum Ă dĂ©poser, et les dĂ©cisions courantes restent entre les mains de lâentrepreneur.
Ce choix peut ĂȘtre pertinent pour une activitĂ© de conseil avec peu dâinvestissements, un commerce individuel Ă taille raisonnable ou un artisan qui veut commencer avec une structure lĂ©gĂšre. Il attire aussi des salariĂ©s qui dĂ©veloppent une activitĂ© secondaire, Ă condition de respecter leur obligation de loyautĂ© et de vĂ©rifier les clauses de leur contrat de travail. Certaines activitĂ©s rĂ©glementĂ©es imposent des diplĂŽmes, autorisations ou inscriptions spĂ©cifiques, quel que soit le statut retenu.
LâEI montre ses limites si le projet doit accueillir un associĂ©, un investisseur ou plusieurs dirigeants. Lâentreprise nâa pas de personnalitĂ© morale propre et ne permet pas dâĂ©mettre des parts sociales comme une sociĂ©tĂ©. Si lâactivitĂ© se dĂ©veloppe, lâentrepreneur peut envisager une Ă©volution vers une EURL ou une SASU, puis une forme pluripersonnelle si de nouveaux associĂ©s entrent au capital. Cette transition doit ĂȘtre prĂ©parĂ©e pour traiter les contrats, les actifs et les consĂ©quences fiscales.
La perception des partenaires peut aussi compter. Certaines banques, certains grands clients ou certains fournisseurs prĂ©fĂšrent travailler avec une sociĂ©tĂ©, mĂȘme si cette prĂ©fĂ©rence ne signifie pas quâune EI manque de sĂ©rieux. Une entreprise individuelle correctement assurĂ©e, bien organisĂ©e et transparente peut inspirer confiance. Le choix dĂ©pend donc de la rĂ©alitĂ© commerciale : un freelance qui facture des missions ponctuelles nâa pas les mĂȘmes attentes quâune entreprise qui vise des marchĂ©s importants.
Pour une collaboration avec une autre structure, il faut Ă©galement distinguer le partenariat commercial de lâentrĂ©e au capital. Une ressource sur la joint-venture et ses avantages aide Ă comprendre les montages possibles sans confondre coopĂ©ration et association. LâEI est souvent adaptĂ©e pour dĂ©marrer seul ; elle nâest pas forcĂ©ment la forme Ă conserver Ă chaque Ă©tape de croissance.
DĂ©cision dâentreprise · repĂšres 2026
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Le calcul compare des bases simplifiées : il ne calcule ni cotisations sociales, ni impÎt final, ni TVA. Au réel, les investissements sont représentés par un amortissement linéaire simplifié ; les rÚgles comptables peuvent différer.
La crĂ©ation dâune entreprise individuelle passe par le Guichet unique opĂ©rĂ© par lâINPI. Le demandeur indique son identitĂ©, lâadresse de lâactivitĂ© et la nature de son entreprise, puis transmet les justificatifs demandĂ©s. Selon le mĂ©tier, des documents supplĂ©mentaires peuvent ĂȘtre nĂ©cessaires, comme une preuve de qualification ou une autorisation professionnelle. Le dossier est ensuite orientĂ© vers les administrations concernĂ©es et lâentrepreneur reçoit ses identifiants dâentreprise aprĂšs traitement.
Les formalitĂ©s sont en gĂ©nĂ©ral plus lĂ©gĂšres que pour une sociĂ©tĂ© : pas de statuts Ă rĂ©diger, pas de capital Ă dĂ©poser et pas dâannonce lĂ©gale de constitution. Les frais varient toutefois selon la nature de lâactivitĂ© et les inscriptions nĂ©cessaires. Il faut aussi prĂ©voir les dĂ©penses qui ne sont pas des frais de crĂ©ation Ă proprement parler : assurance, matĂ©riel, compte bancaire dĂ©diĂ© si les rĂšgles lâimposent, accompagnement comptable ou outils de facturation.
La franchise en base de TVA dĂ©pend de seuils spĂ©cifiques, distincts des plafonds du rĂ©gime micro. Une entreprise peut donc relever du rĂ©gime micro tout en devenant redevable de la TVA si elle dĂ©passe les seuils correspondants. Ă lâinverse, les rĂšgles de TVA ne dĂ©terminent pas Ă elles seules le choix entre micro et rĂ©el. Les montants applicables pouvant Ă©voluer, il faut les vĂ©rifier avant de facturer, surtout lors dâune croissance rapide.
En franchise, lâentrepreneur ne facture pas la TVA et ne la rĂ©cupĂšre pas sur ses achats ; la mention lĂ©gale adaptĂ©e doit figurer sur les factures. Lorsquâil devient assujetti, il collecte la taxe auprĂšs de ses clients, la dĂ©clare et peut, sous rĂ©serve des rĂšgles applicables, dĂ©duire la TVA sur ses dĂ©penses professionnelles. Pour une activitĂ© qui achĂšte beaucoup de matĂ©riel ou travaille principalement avec des entreprises, cette diffĂ©rence peut peser dans le choix de gestion.
Le rĂ©gime micro impose une comptabilitĂ© simplifiĂ©e, avec notamment le suivi des recettes et, pour certaines activitĂ©s, un registre des achats. Le rĂ©gime rĂ©el demande davantage de rigueur : conservation des factures, enregistrement comptable et dĂ©clarations fiscales adaptĂ©es. Ces obligations ne sont pas de simples formalitĂ©s. Elles permettent de connaĂźtre la rentabilitĂ© rĂ©elle et dâanticiper les cotisations, la TVA et les investissements.
Les dĂ©lais dâobtention des identifiants varient selon les dossiers. Il est donc prĂ©fĂ©rable de ne pas promettre une date dâouverture Ă un client avant dâavoir vĂ©rifiĂ© lâavancement des dĂ©marches. Une crĂ©ation rapide reste une crĂ©ation Ă prĂ©parer : activitĂ©, assurances, fiscalitĂ© et facturation doivent ĂȘtre prĂȘts ensemble.

La cession dâune entreprise individuelle ne consiste pas Ă vendre des parts sociales, puisquâil nâexiste pas de sociĂ©tĂ© distincte. Lâentrepreneur transmet plutĂŽt les Ă©lĂ©ments qui composent son activitĂ©, selon ce qui est convenu avec lâacquĂ©reur : fonds, clientĂšle, matĂ©riel, stocks ou contrats pouvant ĂȘtre transfĂ©rĂ©s. Un acte dĂ©taillĂ© prĂ©cise le pĂ©rimĂštre de la cession et son prix. LâopĂ©ration mĂ©rite un accompagnement, car les consĂ©quences fiscales varient selon les Ă©lĂ©ments cĂ©dĂ©s et la situation de lâactivitĂ©.
La vente peut gĂ©nĂ©rer une plus-value professionnelle lorsque le prix dĂ©passe la valeur retenue pour les biens concernĂ©s. Des dispositifs dâexonĂ©ration ou dâallĂšgement peuvent exister sous conditions, par exemple selon la durĂ©e dâactivitĂ© et la valeur de la cession. Il ne faut pas compter sur une exonĂ©ration sans vĂ©rifier les critĂšres : lâanticipation permet de prĂ©parer les justificatifs et de choisir un calendrier cohĂ©rent.
La cessation se dĂ©clare en ligne via le Guichet unique. Lâentrepreneur doit ensuite traiter les dĂ©clarations fiscales correspondant Ă la pĂ©riode dâactivitĂ©, rĂ©gler les cotisations dues et attendre les Ă©ventuelles rĂ©gularisations. Il faut Ă©galement clĂŽturer les contrats, prĂ©venir les clients et fournisseurs, rĂ©silier les assurances devenues inutiles et solder les engagements liĂ©s au local ou au matĂ©riel.
La fermeture dâune EI est gĂ©nĂ©ralement moins lourde que la dissolution dâune sociĂ©tĂ©, car elle ne suppose pas dâorganiser une liquidation entre associĂ©s. Elle nâefface toutefois pas les dettes existantes. Une facture impayĂ©e, une dĂ©claration manquante ou un contrat toujours en cours peut continuer Ă produire des consĂ©quences aprĂšs lâarrĂȘt de lâactivitĂ©.
Si lâactivitĂ© Ă©volue vers une sociĂ©tĂ©, lâopĂ©ration doit ĂȘtre Ă©tudiĂ©e en amont : la reprise dâactifs, les contrats et le traitement fiscal ne se font pas toujours de façon automatique. Un entrepreneur qui prĂ©voit dâembaucher, de sâassocier ou de solliciter des financements gagne Ă comparer les options avant que lâĂ©volution ne devienne urgente. La souplesse de lâEI est un atout, mais une sortie ou une transformation bien prĂ©parĂ©e protĂšge la continuitĂ© de lâactivitĂ©.
Pour dĂ©cider si lâentreprise individuelle est adaptĂ©e, il faut partir de lâactivitĂ© rĂ©elle plutĂŽt que dâune idĂ©e gĂ©nĂ©rale du « meilleur statut ». Estimez le chiffre dâaffaires, les dĂ©penses, les investissements et la part des recettes que vous souhaitez conserver dans lâentreprise. Ajoutez les besoins de financement, le niveau de protection recherchĂ© et la possibilitĂ© dâaccueillir un associĂ© plus tard. Ces Ă©lĂ©ments permettent de comparer les rĂ©gimes avec davantage de prĂ©cision.
Le rĂ©gime micro est souvent intĂ©ressant lorsque les frais sont faibles et que la prioritĂ© est de limiter la charge administrative. Le rĂ©gime rĂ©el mĂ©rite une Ă©tude si les achats, le loyer, la sous-traitance ou les investissements sont Ă©levĂ©s. Lâoption pour lâIS peut correspondre Ă certains profils, mais elle demande une comparaison plus poussĂ©e entre bĂ©nĂ©fices conservĂ©s, rĂ©munĂ©ration et imposition personnelle.
Une liste de contrĂŽle aide Ă poser les bonnes questions avant lâimmatriculation :
Le tableau ci-dessous rĂ©sume les grandes diffĂ©rences. Il ne remplace pas une simulation individualisĂ©e : les rĂšgles prĂ©cises dĂ©pendent de la catĂ©gorie dâactivitĂ© et des seuils applicables au moment de la dĂ©cision.
| CritÚre | EI au régime micro | EI au régime réel | EURL |
|---|---|---|---|
| Cadre juridique | Personne physique â | Personne physique â | SociĂ©tĂ© avec personnalitĂ© morale đą |
| Capital minimum | Aucun đ¶ | Aucun đ¶ | Aucun đ¶ |
| Calcul du rĂ©sultat imposable | Abattement forfaitaire đ | DĂ©penses professionnelles dĂ©ductibles đ§Ÿ | Selon option fiscale âïž |
| ComptabilitĂ© | SimplifiĂ©e â | Plus complĂšte đ | Obligations de sociĂ©tĂ© đ |
| AssociĂ©s | Non đ€ | Non đ€ | Un associĂ© unique, Ă©volution possible đ€ |
| Protection patrimoniale | SĂ©paration prĂ©vue par la loi đĄïž | SĂ©paration prĂ©vue par la loi đĄïž | ResponsabilitĂ© en principe limitĂ©e aux apports đĄïž |
La rĂ©forme 2026 ne transforme pas lâentreprise individuelle en solution universelle. Elle confirme plutĂŽt une formule modernisĂ©e, accessible et plus protectrice quâauparavant, Ă condition de comprendre ses limites et de sĂ©lectionner le rĂ©gime adaptĂ©. Pour un entrepreneur seul qui veut dĂ©marrer sans lourde structure, lâEI peut ĂȘtre un choix cohĂ©rent ; pour un projet collectif ou fortement financĂ©, une sociĂ©tĂ© peut mieux convenir.
Non. La micro-entreprise correspond Ă un rĂ©gime simplifiĂ© exercĂ© dans le cadre juridique de lâentreprise individuelle. Le micro-entrepreneur est donc juridiquement un entrepreneur individuel.
La séparation des patrimoines protÚge en principe les biens personnels contre les créanciers professionnels, mais des exceptions existent, notamment en cas de garantie personnelle, de fraude ou pour certaines dettes fiscales et sociales.
Le rĂ©gime rĂ©el peut ĂȘtre intĂ©ressant lorsque les dĂ©penses professionnelles justifiĂ©es dĂ©passent lâabattement forfaitaire du rĂ©gime micro. Une simulation tenant compte de lâactivitĂ©, des cotisations et de la TVA permet de trancher.
Non, lâEI est exercĂ©e par une seule personne et ne prĂ©voit pas lâentrĂ©e dâassociĂ©s. Pour dĂ©velopper un projet collectif, il faut envisager une sociĂ©tĂ© ou une autre organisation juridique adaptĂ©e.
Les seuils du rĂ©gime micro et ceux de la franchise en base de TVA sont distincts et peuvent Ă©voluer. Il convient de consulter les sources administratives officielles ou un professionnel avant de choisir le rĂ©gime ou dâĂ©mettre des factures.